Samedi 24 mai 2003
UNIVERSAL
éTATS-UNIS Les studios de cinéma, qui sortent cinq films prochainement, n'ont pas le droit à l'erreur
 Les studios de cinéma Universal ont placé leurs plus gros espoirs sur le géant vert, Hulk, en salles cet été, et pour lequel ils ont investi 150 millions de dollars. (Photo Interfoto Usa/Sipa.)
| L'été sera décisif pour Universal Pictures
 Claire Derville [23 mai 2003]
 L'été sera chaud pour les studios de cinéma Universal. Ils s'apprêtent en effet à sortir cinq grosses productions d'ici au premier septembre 2003, alors même que leur maison mère, Vivendi Universal, est en pleines tractations pour céder Vivendi Universal Entertainment (VUE), la branche américaine du groupe dont fait partie Universal Pictures.
La pression est à son comble. Et ce pour deux raisons. Premièrement, parce que des résultats d'Universal Pictures dépendra, en partie, le prix de vente de VUE. Ensuite, parce que l'activité cinéma a montré des signes de faiblesse récemment, et qu'il est temps de renouer avec les succès.
On dit souvent à Hollywood qu'une major, pour fonctionner, doit sortir au minimum deux «blockbusters» par an, autrement dit deux films plébiscités, à l'instar de Titanic, un des plus gros «hits» de tous les temps, ou encore Spiderman.
Or, cela fait trois ans que les studios Universal n'ont pas sorti de blockbuster. Gladiator, un film coproduit avec Dreamworks, est leur dernier gros succès mondial en date.
Universal Pictures n'a pas pour autant démérité. L'année 2001 était fructueuse. Les films American Pie, La Mommie, Jurassic Park III ont bien marché. Chez Vivendi, on dit que «la réussite d'un studio ne se résume pas qu'à ses blockbusters. Nous avons produit de nombreux films à petits et moyens budgets, qui, in fine, ont su faire leurs preuves et maintenir les studios en forme». Certes. Mais pendant qu'Universal Pictures se maintenait en forme, les studios Warner, eux, forts des succès retentissants de films comme Harry Potter ou encore Matrix, se hissait au rang de premier producteur mondial.
L'année 2002, malgré les bons résultats de 8 Mile, Un homme d'exception ou encore Loin du Paradis, fut pour sa part plutôt morose. Lors de la présentation des résultats annuels du groupe, en mars dernier, la direction de VU n'a pas hésité de reconnaître que la branche cinéma du groupe n'avait pas su rééditer en 2002 les performances de 2001.
Quant à l'année 2003, elle a plutôt mal démarré. Au premier trimestre, les revenus issus des films ont reculé de 8%. Une contre-performance que le groupe impute au nombre de sorties de films, plus faible que d'habitude. Seuls trois films, en effet, étaient inscrits au menu : Le Gourou, The Life of David Gale et Johnny English.
L'été 2003 sera-t-il celui de la reprise ? En tout cas, Universal Pictures a mis le paquet. Au total, les studios ont investi 342 millions de dollars dans cinq films programmés entre juin et août. Le premier film de la série, Bruce Almighty, une comédie jouée, entres autres, par l'acteur Jim Carrey, fait sa sortie sur les écrans américains ce week-end. Sont également inscrits au programme 2 fast 2 furious, Seabiscuit, American Wedding et The Hulk. En l'occurrence, c'est sur ce dernier opus, prévu pour le 20 juin aux Etats-Unis, que reposent les plus gros espoirs d'Universal. Les studios ont en effet investi 150 millions de dollars dans la transposition sur grand écran des aventures du géant. Alors que l'ensemble des autres films a fait l'objet de coproductions, The Hulk est un pur produit d'Universal. Autrement dit, il en assumera seul les recettes, mais aussi les risques. Le pari est osé.
Si les résultats n'étaient pas à la hauteur, les studios pourront tenter de rebondir avec le film Peter Pan, dont la sortie est prévue pour le mois de décembre. C'est l'autre grosse production Universal de l'année.
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-24 13:21:05
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